Ce que l’eau sait
Introduction au travail de Marc Henry
« Il y a une seconde fonction de l’eau, beaucoup plus subtile : apporter des informations. »
MARC HENRY
Vers une compréhension globale de la santé
Dans un monde qui tend à tout simplifier, j’ai souhaité prendre le temps de témoigner d’un savoir complexe — celui que m’a transmis l’éminent professeur Marc Henry. Chercheur en chimie physique à l’université de Strasbourg, spécialiste de l’eau, de la science des matériaux et de la physique quantique, cet excellent pédagogue fut aussi mon ami. Je suis Thierry Schmitt et je me propose de rendre ses connaissances accessibles à tous. Aujourd’hui, je dirige la société Action Vitale1 et j’anime des podcasts et des conférences en tant que nutritionniste. Je m’intéresse particulièrement au domaine de la santé, à notre capacité à exploiter cette ressource si précieuse qu’est notre énergie. Au fil de mon parcours et de mes rencontres, je n’ai pas hésité à remettre en question les dogmes établis. J’ai voulu garder l’esprit ouvert pour mieux distinguer tous les outils nécessaires à une approche véritablement bénéfique en matière de santé. J’entends démontrer que seule une approche globale de ce qui régit notre santé permet de dépasser les clivages persistants et les « vérités » du moment.
Un parcours atypique
Je ne suis pas médecin. Cela peut sembler étrange, mais j’ai l’avantage de ne pas avoir suivi un parcours académique qui aurait pu me façonner selon une prétendue expertise. Je viens de la finance, un secteur que j’ai décidé d’abandonner à l’âge de trente-huit ans parce que j’ai dû me rendre à l’évidence : je ne me trouvais plus en phase avec cette activité. J’avais le sentiment de profiter des autres et j’ai voulu faire cesser cette injustice. Je considère normal d'être rémunéré pour son travail, mais, là, je gagnais plus que mes clients, et rien ne le justifiait sinon la confiance qu’ils m’accordaient. J’ai donc mis donc fin à cette activité juste avant de croiser un ami à Toulouse qui m’annonce :
— Thierry, il faut que tu viennes nous rejoindre, on fait une société, on vend du médical.
Alors que je m’intéressais déjà à l’univers de la santé en général, cette opportunité m’a amené à me plonger plus spécifiquement dans le domaine du matériel médical nomade. J’ai commencé à vendre des techniques de diagnostic rapide, à former des collaborateurs à leur utilisation, puis à les tester sur toujours plus de monde. Plus j’ai pratiqué, plus j’ai appris à connaître l’hygiène de vie de chacun et à interpréter les résultats biochimiques. Tous les rouages se sont mis en place, mais cela a nécessité plus de 15 000 tests ! Si cet apprentissage a été si riche, c’est aussi grâce aux rencontres phares qui ont marqué ma vie.
À commencer par celle de Bruno Eto, professeur en sciences du médicament à l’hôpital Bichat, dont le père était marabout. Un homme à l’expertise scientifique reconnue qui n’a pas renié les connaissances que son père lui avait transmises. Il a su conserver l’esprit ouvert, non formaté par son cursus universitaire. Nous avons échangé quelques messages, établi quelques contacts et puis la vie nous a séparés. Une mésentente profonde avec un de ses nouveaux partenaires a mis un terme à notre relation. J’aurais pu considérer cela comme un échec, mais je crois que Bruno et moi avions simplement fini d’emprunter le même chemin. Chacun va là où il doit aller et trace pour cela des routes différentes — la vie n’est pas un hasard sans sens. J’avais besoin d’avancer vers celui qui allait exercer sur moi une influence profonde.
Mon ami, mon mentor
J’ai rencontré Marc grâce à un simple mail. Beaucoup ont été surpris, car il ne répondait habituellement jamais à ce type de message. Je lui ai présenté mon activité — il devait savoir que je l’avais entendu parler, et que son enseignement m’avait ouvert de nouvelles pistes. Je lui ai proposé un rendez-vous et, contre toute attente, il a accepté. J’ai la conviction que nous rencontrons tous une personne déterminante dans notre vie et Marc a joué ce rôle-là pour moi. Nous nous sommes rejoints pour la première fois à Strasbourg, où il enseignait. Nous avons bu deux pintes au bord de la grande Île et avons sympathisé. S’ensuivra une série d’entretiens dans sa nouvelle demeure de Saint-Cézaire-sur-Siagne dans les Alpes-Maritimes. Dès notre première rencontre, il m’a annoncé la couleur :
— Bon, maintenant, toi qui es diététicien, ne cherche pas l’énergie dans les calories, elle n’est pas là.
J’encaisse. Cela va à l’encontre de mes connaissances en diététique. Pourtant, cette révélation sera le point de départ d’une amitié qui se prolongera quatre ans et nous rapprochera au point de partager certaines activités de loisirs. Par exemple, nous aimions cuisiner ensemble. Notre complicité était telle que nous pouvions passer plusieurs jours tous les deux. J’ai beaucoup appris de lui. Il m’a initié à la chimie, à la physique, à la physique quantique. J’ai lu et relu ses ouvrages tant ils sont difficiles. Grâce à nos discussions et à ces lectures, j’ai pu m’immerger dans des domaines complexes et peu courants alors même que je ne suis pas scientifique de formation. Je me suis néanmoins passionné pour ces sujets qui concernent le calcul de l’énergie du vide, les zeptojoules, l’attractivité des liaisons hydrogène et j’en passe.
Ce qui compte, insistait Marc, ce n’est pas de tout comprendre — il me mettait à l’aise par rapport à mes lacunes scientifiques — mais d’être capable d’en savoir suffisamment pour transmettre ce savoir, pour le vulgariser auprès du grand public. J’ai eu le temps de méditer ces recommandations jusqu’à notre dernière rencontre, en septembre 2024.
Prendre le relais
Je suis allé à sa rencontre et j’ai remarqué quelque chose d’anormal dans son comportement. J’ai senti qu’il s’ennuyait, qu’il n’avait pas la même énergie que d’habitude. Nous avons tout de même discuté, échangé sur ses dernières découvertes scientifiques. Il venait de les valider et de les publier. Cette révélation avait d’autant plus d’importance qu’il a fini par m’avouer que la fin était proche. Cet homme profondément humain, ami véritable et chercheur rigoureux allait nous quitter en novembre 2024, après avoir accompli son œuvre. Il ne restait plus qu’à s’y référer. Selon lui, j’étais prêt à prendre le relais. Le temps était venu que j’entre en scène pour livrer le fruit de son travail au plus grand nombre.
Mais comment ? Les réseaux sociaux constituent un moyen efficace de capter une audience large dans laquelle coexistent autant de réflexions intéressantes que de fausses informations. D’autre part, leur logique de diffusion rend très difficile la transmission d'un savoir qui a nécessité quarante ans de recherches approfondies. Le risque de me décrédibiliser est donc grand. Je ne suis pas opposé à les utiliser, mais j'exige de mes interlocuteurs qu'ils s'intéressent sérieusement à ce que j'écris avant de juger. Je n'ai ni l'envie ni le temps d'engager des discussions avec ceux qui propagent sur l'eau, et plus spécifiquement sur sa filtration2 , des informations relevant de l'amateurisme. De plus, on se retrouve sur un terrain où rien n'est arbitré, propice à l'agitation.
Voilà pourquoi je suis sensible à l’idée de prendre le temps, de trouver les mots qui me permettront de dérouler sereinement ma pensée. Écrire, c’est offrir à ceux qui me liront la possibilité de juger par eux-mêmes de la véracité de mon propos.
Nous traversons une époque dans laquelle certains comportements changent. J’observe le monde de la santé et je constate que certains médecins osent sortir des sentiers battus. Ils s’éloignent des recommandations habituelles qui ont cours aujourd’hui. Leurs sens sont en éveil et ils n’hésitent pas à se lancer dans des recherches qui font avancer notre compréhension parfois trop rigide. C’est précisément la direction que j’ai envie de donner à mon travail.
Pour cela, je diffuse sur mon site les podcasts auxquels je participe. On y trouve également toutes sortes de témoignages et de vidéos qui permettent de saisir la philosophie de ce que j’enseigne. J’anime aussi des conférences sur le sujet. Je veux proposer une pensée cohérente et pérenne au sujet de la santé, permettre de mieux appréhender le concept fondamental de l’eau. Il concerne chacun.
Le monde moderne, agité de nombreuses « théories nouvelles », verse volontiers dans l’excès et la contradiction. Or, la vie ne va pas dans les extrêmes. Penchons-nous sur les habitudes alimentaires et sur les théories développées depuis une soixantaine d’années : on a d’abord recommandé une nutrition très carnivore pour ensuite inciter les gens à se tourner vers une alimentation végétarienne, puis végétalienne et enfin végane avec le crudivorisme, qui s’associe à ce type de régime. Aujourd’hui, on observe la tendance à s’orienter vers les corps cétoniques avec des médecins comme Marion Kaplan ou Boris Dufournet. Toutes ces évolutions entraînent de la confusion chez celui qui cherche simplement à prendre soin de sa santé. Il finit par se demander :
— Que faire ? Qu’est-ce qui est bon pour moi ?
Pratiques oubliées et code caché
La confusion ne s’arrête pas là. Considérons un instant le sujet des lectines, qui sont les protéines de signalisation d’une plante. Par exemple, le gluten est une lectine du blé, la ricine contenue dans l’huile de ricin est la lectine du ricin. Elles peuvent être très puissantes. Ce n’est pas pour rien que les grands-mères utilisaient l’huile de ricin pour purger l’organisme. Les intestins sont nettoyés, car cette protéine est signalée comme un corps étranger qui ne doit absolument pas entrer en contact avec le sang. Il s’agit d’une question de vie ou de mort. On peut considérer la lectine au même titre qu'une « signature de non-nous ». Le système immunitaire reconnaît les caractéristiques de cette molécule et la rejette. Tous les aliments naturels disposent d’une sorte de code permettant de les diagnostiquer.
D’instinct, les animaux savent quand il est temps de ne plus consommer telle ou telle nourriture parce que, s’ils persistent, cela peut devenir dangereux pour eux. C’est la même chose pour nous, et c’est pour cette raison que certains développent un discours alarmiste sur le sujet. Certes, l’amande est une graine qui porte en elle de quoi se protéger pour ne pas être ingérée sans pouvoir se reproduire, mais rappelons que la vie est bien faite : si je m'autorise quelques amandes, sans qu'elles constituent un repas entier, c’est tout à fait bénéfique pour moi. La difficulté est donc de savoir à quel discours s’en tenir, quelle philosophie adopter, alors qu’au fond c’est assez simple : on peut tout manger.
Tout, mais pas n’importe comment. La notion importante à retenir est celle de l’information. Chaque ingrédient que l’on avale est porteur d’une information, bonne ou mauvaise. Il est essentiel de comprendre cela si l’on souhaite se nourrir convenablement. En ce sens, le véganisme mérite qu’on s’y intéresse, car il introduit pour la première fois cette notion dans les modes d’alimentation. Doit-on manger la viande d’un animal dont le bien-être n’a pas été pris en compte ? Cela aura nécessairement un impact sur la capacité de la viande en question à transmettre des « données » bénéfiques pour le corps humain.
De toute évidence, nous ne consommons plus de la même façon qu’autrefois. Les méthodes de conservation des aliments ont changé et sont venues bouleverser la qualité de l’information transmise. Avant l’apparition du réfrigérateur, nous n’avions pas d’autre choix que de conserver les aliments par lactofermentation. Ce procédé consiste à acidifier le milieu grâce à des bactéries, en général des lactobacilles. En se développant, elles prédigèrent les différents ingrédients, en retirent les éléments légèrement toxiques et fabriquent de nouveaux éléments, qui vont nourrir notre microbiote. Le yaourt, produit de consommation de la vie courante, est un exemple de lactofermentation. Cette pratique illustre bien l’importance et le rôle bénéfique que jouent les bactéries dans notre alimentation. Force est de constater que nous l’avons largement abandonnée au profit de la réfrigération, alors qu’elle contribuait de façon efficace à la richesse nutritive de nos repas. La modernité nous a amenés à oublier ces habitudes du passé.
Physique quantique et approche philosophique
Les bactéries jouent donc un rôle central dans leur capacité à améliorer l’information de ce que nous ingérons à l’extérieur, mais également à l’intérieur de notre corps. Pour bien comprendre, il faut s’intéresser à la physique quantique. La physique classique ne le permet pas. Ce décryptage du monde de l’infiniment petit est au cœur de tout le travail effectué par Marc Henry et aboutit à cette vérité : la matière, c’est 99 % de vide.
Des électrons gravitent autour d’un noyau sans y être attachés, et l’espace entre les deux n’est pas vraiment du vide : ce sont des ondes. Ces ondes sont émises en fréquences déterminées par la phase et l’amplitude de leur longueur, qui est visible sous forme de sinusoïde. Il n’en existe pas de bonnes ou de mauvaises. Nous devons garder à l’esprit qu’elles sont toutes porteuses d’un certain type d’information qui peut être amplifiée, ou neutralisée. Nous pouvons prendre l’exemple du casque réducteur de bruit : le son arrive sous forme d’onde et le casque en envoie une autre, qui neutralise la première. On ne se protège donc pas du bruit ; littéralement, on « transforme » l’onde de départ. Il ne faut donc pas se contenter d’interpréter ce que nous percevons à notre échelle, mais bien se pencher sur le rôle fondamental de l’information pour définir ce qui est bon ou pas pour nous.
Cela nous amène à réfléchir à ce qui constitue la matière. Nous avons rappelé que l’atome est constitué de 99 % de vide. Pourtant, tout autour de moi, je perçois des objets concrets, palpables. L’aliment que je m’apprête à manger paraît solide. Ce que je perçois comme de la matière est en réalité une onde électromagnétique qui va entrer en contact avec ma main et buter contre elle. Je dois donc réévaluer ma compréhension de la matière et de ce que représente pour moi sa nature « solide ». Une tomate est solide ? Non, c’est de l’information. Une pomme de terre est solide ? Non, c’est un autre type d’information. Et quelle information a permis la naissance de cette pomme de terre ou de cette tomate ? Par quel type d’onde ont-elles été entourées tout au long de leur vie ? La physique quantique pose le cadre scientifique à observer et détermine les éléments réels qui entrent en jeu. La philosophie permet quant à elle de réfléchir au sens à donner à tout cela. La matière, l’énergie supposent un questionnement sur l’élan vital largement théorisé par Bergson au début du XXe siècle dans l’Évolution créatrice (1907).
Les applications d’une telle approche dans mon univers professionnel m’ont ouvert l’esprit sur une vision pluridisciplinaire de la santé et du médical. Un médecin qui maîtrise seulement la science médicale dispose d’outils efficaces à sa portée, mais reste à la porte de certains mystères.
L’eau, matrice du vivant
Étudier le monde de l’infiniment petit permet de comprendre que l’eau joue un rôle fondamental dans la transformation de la matière.
La particularité de la vie est qu’elle donne forme à la matière grâce à l’eau. Les travaux de Marc ont prouvé qu’elle absorbe toutes les ondes — toutes, sauf une : la lumière bleue. L’eau n’absorbe pas ce type particulier de lumière, c’est pourquoi l’océan est bleu. Nos yeux sont sensibles à la lumière bleue émise par les écrans parce que nous sommes composés à 99 % d’eau. Si cette lumière, émise au-delà de la quantité naturelle, vient frapper nos récepteurs rétiniens, elle entraîne la formation de radicaux libres anormaux. Cela a pour conséquence une dégradation des capacités visuelles, d’autant plus forte lorsque les personnes ne disposent pas d’une bonne santé.
Si l’on veut bien comprendre la faculté de l’eau à absorber les ondes, donc les informations, intéressons-nous plus spécifiquement à l’eau de mer. L’océan se compose de zones bien particulières, très riches en phytoplanctons. Ce sont des éléments vivants qui accaparent les minéraux de l’eau avec les électrolytes présents, comme le sodium, le potassium… Ensuite, ces éléments chélatent les minéraux, c’est-à-dire les lient, comme le ferait un végétal qui s'empare des métaux du sol et les enferme dans des complexes tels que des vitamines ou des peptides. Dans ce cas, le métal n’est pas isolé, c’est-à-dire non lié chimiquement. Prenons l’exemple d’un clou. Nous ne boirons pas de l’eau dans laquelle cet objet aura trempé tous les matins pour absorber le fer qu’il contient puisqu'il n’est pas assimilable en l’état. En revanche, en consommant de la viande, nous profitons du fer que la vache a extrait de l'herbe et fixé dans son hémoglobine.
C’est une notion fondamentale de la vie, car elle explique que nous avons besoin de nous nourrir des aliments qui, de leur vivant, ont assuré le rôle de prédigestion et d’assimilation pour que nous puissions à notre tour profiter des minéraux essentiels. De là, nous pouvons comprendre la fonction essentielle du plasma marin. René Quinton3, en 1897, découvre que le corps humain est comparable à un aquarium marin. Il a observé que la répartition minérale de nos liquides extracellulaires est identique à celle de l’océan. Nous venons de cette vaste étendue d'eau de mer. Nous savons que la vie y trouve son origine. Les algues sont issues de ce milieu et notre composition minérale n’est pas une donnée complètement aléatoire. Elle est le fruit de ces premiers éléments de création.
L’eau, les électrolytes présents, ainsi que les matières organiques constituent ces premiers éléments. Une onde, autrement dit une information les a assemblés. Certains y verront l’intervention de Dieu ; comprenons au moins que la vie n’est pas que de la matière. Une force intérieure la guide, et cette force, c’est l’énergie. Celle-ci évolue dans un sens précis qui obéit à des règles bien définies. La précision de l’ensemble s’avère stupéfiante et le hasard n’a pas sa place. Les ondes qui émettent ces informations doivent émettre une fréquence bien particulière. Nous sommes le résultat du mélange de l’ADN de notre père et de notre mère parce que nous sommes de l’eau et notre ADN est de l’information. Ces démonstrations sur l’origine de la vie illustrent une idée magnifique à mes yeux. C’est bien l’information qui donne forme à la matière.
Faut-il le démontrer ? Peut-on démontrer la fréquence de la vie ? Peut-on la fabriquer à partir de rien ? Face à ce qui nous dépasse, l’émerveillement est la seule posture honnête. L’eau est au cœur de l'expression du vivant.
L’entropie, autre facteur clé
Comment la vie évolue-t-elle ? La loi de la conservation de la masse de Lavoisier4sous-entend qu’à partir des éléments modifiés, je ne pourrai jamais revenir à la matière initiale. Une information a organisé quelque chose, mais je ne dispose pas de celle capable de rassembler le tout pour le remettre au point de départ. Je comprends d’autant mieux ce principe si je prends l’exemple d’une énergie. L’essence que je verse dans le réservoir de ma voiture, en explosant, se transforme en une multitude de particules qui créent de la chaleur et permettent ainsi au véhicule d’avancer. Ces particules doivent sortir par le pot d’échappement. À partir de là, nous pouvons parler d’entropie. C’est la deuxième loi à prendre en compte. Ce concept central de thermodynamique permet de mesurer le degré de désordre d’un système. Le vivant repose sur l’entropie. À chaque transformation, de nouvelles molécules apparaissent — c’est ce qui permet à la vie d’évoluer.
C’est ainsi que l’on peut caractériser un système ouvert, c’est-à-dire la nature. La vie se développe, sans contraintes. Au-delà des processus naturels, se libère dans l’espace tout ce que nous créons par l’industrie. La température augmente, ce qui entraîne une augmentation considérable de l’entropie. Mais elle ne se dissipe pas simplement dans l’univers — elle ouvre la voie à des formes de vie insoupçonnées. On constate ainsi que certaines bactéries commencent à dégrader du plastique, ce que l’on croyait impossible. L’entropie se trouve donc au cœur de l’évolution : chaque bouleversement remet en question les équilibres préexistants. Demain, si nous ne sommes plus adaptés à ce que la thermodynamique aura engendré dans la nature, nous disparaîtrons. Au même titre que la voiture citée en exemple, nous formons un système fermé. Rappelons que dans un tel système, le désordre s’installe sans évacuation d’une manière ou d’une autre. Si les résidus de l’explosion de l’essence dans le moteur ne s’échappent pas par le pot d’échappement — en raison d’une pomme de terre à son extrémité par exemple — la voiture cale. Il en va de même pour l’être humain qui, en tant que machine biochimique, assure l’évacuation de ses déchets grâce à son activité enzymatique.
Tout part de l’ADN, ce « cahier de recettes » qui intègre environ 20 000 gènes. Ces gènes s’activent pour permettre la production d’enzymes (des protéines-outils) qui remplissent des fonctions précises. Certaines — comme la superoxyde dismutase — ,neutralisent les radicaux libres, qui sont des sous-produits inévitables du métabolisme. D’autres ont la capacité d’extraire l’oxygène de l’air pour l’intégrer aux réactions cellulaires.
Le corps représente une cascade enzymatique en chaîne : chaque réaction en déclenche une autre, en permanence, de la naissance à la mort. Je transforme les aliments que j’ingère et crée ainsi de l’entropie. Une partie me sert ; l'autre — les déchets, autrement dit le désordre créé — doit être évacuée : par les selles, les larmes, le système urinaire, l’air expiré ou la transpiration.
Et quel est le point commun de toutes ces « sorties » ? L’eau, bien sûr. Nous ne pouvons pas évacuer les eaux usées sans eau. Par conséquent, en l’absence d’évacuation, le désordre s’installe. Alors, pourquoi ne pas voir les questions de santé sous l’angle de l’entropie ? Nous pourrions ainsi disposer de pistes supplémentaires pour expliquer la mauvaise santé d’un individu. La thermodynamique explique le monde qui nous entoure. Pourquoi refuserait-on de l’appliquer à l’être humain ?
Quand l’esprit s’en nourrit
L'entropie ne concerne pas seulement les molécules. Elle est aussi informationnelle. Chaque onde, chaque écran, chaque stimulus nous charge d’informations que nous n’avons pas toujours les moyens de traiter. Les formules de calcul de l’entropie thermodynamique valent également pour l’information : trop d’informations non évacuées, c’est du désordre.
L’eau doit être pensée comme un système d’information vivant. Sous l’effet de l’agitation et des rayonnements infrarouges, les molécules d’eau captent de l’énergie et s’organisent spontanément en vastes domaines de cohérence regroupant de cinq à sept millions de molécules ; un phénomène décrit par l’électrodynamique quantique. À cette échelle infinitésimale, hors de notre perception ordinaire du temps, l’eau structure et mémorise des états, un peu comme l’informatique encode l’information en alternant des 0 et des 1. En s’évacuant du corps, elle emporte avec elle cette entropie informationnelle. Cette donnée s’avère essentielle en matière de bien-être. Voilà pourquoi je dis : — pour éviter le burn-out, bougez-vous et buvez de l’eau propre !
La compréhension globale d’harmonisation du corps ne se borne pas à notre personne, mais rejaillit sur l’ensemble du vivant. Un soir, vers deux heures du matin, Marc Henry a cueilli un brocoli sauvage et me l’a tendu, me disant seulement : — mange-le. Tu manges l’information du brocoli, qui harmonise tes ondes intérieures. Et tu rendras cette information au monde.
Peut-être qu’en tant que partie de l’information générale, nous retournons au grand tout lorsque nous mourons, pour redevenir ensuite une part bonifiée. C’est une définition tout à fait plausible du chemin de la vie. Nous appartenons tous à la même information et s’aimer, c’est aimer l’autre. Nous touchons ainsi à la dimension spirituelle vers laquelle j’essaie d’amener mon auditoire, afin de nous sentir humains, pleinement humains.
Notes
[1] Il s’agit du site internet www.action-vitale.com
[2] Thierry Schmitt vend sur son site internet un système de filtration d’eau à base de plasma marin aussi appelé eau de Quinton.
[3] René Quinton (1866-1925) : biologiste et physiologiste français, pionnier de la biologie marine. Il défendit la théorie selon laquelle le plasma marin — eau de mer diluée — présente une composition proche du milieu intérieur des organismes vivants. Son ouvrage majeur, L’Eau de mer, milieu organique (1904), posa les bases de ce que l’on appelle aujourd’hui la « thérapie Quinton ». Il utilisa avec succès le plasma marin pour traiter des nourrissons souffrant de malnutrition sévère, sauvant de nombreuses vies.
[4] Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794) : chimiste français considéré comme le père de la chimie moderne. Il établit la loi de conservation de la masse (« rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »), identifia le rôle de l’oxygène dans la combustion et contribua à la nomenclature chimique moderne. Il fut guillotiné pendant la Révolution française.